Magazine Les athlètes unis - Lance Armstrong
Les athlètes unis
- Le magazine sportif nord-américain -






Faits personnels

Cycliste.
Né le 18 Septembre 1971.
Plano (Texas), États-Unis.
5 pieds 10 pouces (1m 77) et 165 livres (75 kg).

Famille
Parents : Linda Mooneyham et Edward Gunderson.
Beau-père : Terry Armstrong.
Ex-épouse : Kristin Richard.
Enfants : Luke David et les jumelles Isabelle et Grace, tous nés de l'union avec Kristin.

Lance Armstrong
Le miraculé sur deux roues

Greg Kieller (7 juillet 2005)


Le miraculé
Avec un cœur phénoménal, une volonté de fer et des ambitions monumentales, il a redéfini l'excellence dans le cyclisme.

Lance Armstrong : il donne tout ce qu’il a. Après sa sixième victoire au Tour de France en 2004, Armstrong s'est hissé seul sur l'Everest du monde cycliste en ne laissant que des places de seconds aux légendes que sont les Merckx, Anquetil, Delgado et Indurain. Cette place pourrait être permanente surtout qu'il aspire à une 7e victoire de la Grande Boucle.

L'ascension rapide
Armstrong a grandi au Texas où règne en rois sur le monde sportif les Cowboys de Dallas. « Il fallait jouer au football ou être riche pour être accepté par les autres », se rappelle Armstrong. Point de richesse dans la famille de Lance. Il a été élevé dans une famille monoparentale par sa mère Linda qui devait cumuler jusqu'à trois emplois à la fois afin d'assurer l'essentiel à son fils. Elle le supportait également dans ses activités sportives. Une autre influence déterminante chez Armstrong, cette fois-ci moins positive, est son beau-père. Sa mère s'était mariée à Terry Armstrong, un fervent chrétien évangélique qui imposait au jeune Lance une discipline sévère par la force et par la rigueur austère. L'héritage de Terry Armstrong fut son nom de famille et peut-être bien aussi la force de caractère face à l'adversité.

Le jeune Armstrong s'intéressait à plusieurs sports. Il a commencé par la natation où son endurance innée ressortait déjà. Puisque sa mère ne pouvait plus le conduire à la piscine, Lance s'y rendait à vélo. Il effectuait régulièrement un trajet de 30 kilomètres. Cette activité l'a mené au triathlon. De fil en aiguille, il est devenu à 16 ans un triathlète professionnel ! Bien que ses habilités aquatiques et terrestres ne faisaient aucun doute, sa force résidait dans le vélo. Il a choisi éventuellement le cyclisme ou si l'on veut le cyclisme l'a choisi. À sa dernière année de l'école secondaire, il faisait parti de l'équipe olympique américaine de développement. En sacrifiant pour quelques temps ses études, il s'est qualifié en 1990 pour les mondiaux juniors où il a récolté une 11e place avec le meilleur temps pour un Américain depuis 1976. Ses premiers succès sont arrivés en 1991 en devenant le champion amateur des États-Unis et en remportant une victoire à la course Settimana Bergamasca. Sa carrière amateure a pris fin en 1992 aux Jeux olympiques de Barcelone avec une décevante 14e place alors que certains lui donnaient rien de moins que l'or.

Le pattern récurrent
Une semaine après les Jeux olympiques, il a participé à la classique de San Sebastian où il a été solidement largué. Il a terminé bon dernier sur 111 compétiteurs à 27 minutes du gagnant. Catastrophe ! Suite à ce piètre résultat, Armstrong s'est posé des questions sur son avenir. Toutefois, le soutien de sa mère et de Chris Carmichael, son entraîneur sur l'équipe nationale, l'a aidé à continuer. Voici un pattern récurant chez Armstrong : l'obstacle, le défi et la victoire. Devant l'adversité, il trouve non seulement la force pour surmonter l'obstacle, mais il trouve aussi le moyen de réussir avec brio. Quelques jours après sa performance peu reluisante, il a remporté une étape du Tour de Galice. Puis la semaine suivante, il a terminé deuxième à Zurich. Et vlan ! Cette détermination lui a attiré, à certaines occasions, les moqueries de ses coéquipiers. Pourtant, c'est cette même qualité qui mènera Armstrong à des résultats inégalés.

En 1993, il a remporté dix victoires dont une victoire d'étape au Tour de France, un championnat du monde et un championnat professionnel américain. Il a gagné également les courses Thrift Drug Classic, Kmart West Virginia Classic et CoreStates US Pro National Championship. Cette triple couronne venait avec un boni d'un million de dollars. Semble-t-il qu'Armstrong a empoché 25 000 $ après la redistribution avec ses coéquipiers et le personnel de soutien. Au championnat du monde, il a chuté à deux reprises, mais il a quand même réussi à brûler le redoutable Miguel Indurain et les autres lors de l'avant-dernière montée. De ce fait, il a prouvé son statut de professionnel établi. À 21 ans, il a signé un contrat de 642 000 $ par année et il est devenu le leader de l'équipe Motorola devant les vétérans Phil Anderson et Steve Bauer.

L'année 94 a été dure pour lui avec une seule victoire, la Thrift Drug Classic. En 1995, il a réussi à s'imposer sur le tour DuPont, le plus important du circuit américain. Plus tard durant l'année, Armstrong a gagné la classique de San Sebastian, la même qui a failli mettre un terme à sa carrière.

Le cru 1996 a été en dent de scie pour Armstrong. Il a abandonné au Tour de France puis a récolté une 6e et une 12e place aux Jeux olympiques d'Atlanta. Toutefois, il a réussi à remporter la Flèche Wallone (une première pour un Américain) sans oublier sa seconde victoire au Tour DuPont. Il est devenu le premier à le gagner deux fois de suite. Dans les manchettes, Armstrong était surnommé le « DuPont Dominator ». Avec ces bons résultats, il a monté au classement mondial jusqu'à la 7e place. Par le fait même, il a signé un contrat lucratif avec Cofidis pour un salaire annuel de 600 000 $.

La plus exigeante étape de sa vie
Malheureusement en octobre 1996, un diagnostic de cancer aux testicules l'a frappé. Le médecin lui a annoncé que des tumeurs à l'abdomen, aux poumons et aux ganglions lymphatiques ont été trouvées. Ses chances de survie étaient évaluées par les spécialistes de 65 % à 85 %. Plus tard, elles ont été révisées à un maigre 50 %. Pour vaincre la maladie, Armstrong est passé sous le bistouri. Il a été soumis à une chimiothérapie agressive et novatrice afin de pouvoir lui préserver ses capacités pulmonaires. Puis, il a changé son régime alimentaire. Malgré le combat acharné qu'il livrait, des tumeurs au cerveau ont été trouvées. Ces chances furent encore révisées à la baisse, cette fois à 40 %. Un de ses médecins aurait même évalué ses chances de survie à 3 % et que le 40 % communiqué à Armstrong l'a été fait pour lui donner de l'espoir. Il semble qu'une chimio de type normal aurait probablement mis un terme à sa carrière de cycliste en raison des dommages que ce traitement occasionne aux poumons. Les médecins ont donc opté pour une chimiothérapie novatrice offerte à l'université de l'Indiana dont le succès est maintenant probant.

Éventuellement, Armstrong s'est remis complètement de la maladie et il a recommencé à s'entraîner. Un autre coup dur l'attend, il est libéré sans façon de l'équipe Cofidis.

Sans perdre de temps, il s'est joint en 1998 aux rangs de la US Postal Service pour un plus modeste 200 000 $. Encore une fois, il a été confronté à l'idée de tout arrêter après une course catastrophique, celle de Paris-Nice, qu'il a abandonnée. Ce résultat s'explique par son retour précipité. Suite à cela, il est parti en retraite en Caroline du Nord où il a rejoint son ami et mentor, Chris Carmichael. Tout en refaisant sa confiance, il est remonté sur son vélo, mais cette fois sans chercher à performer. Armstrong y a constaté une chose : il aime vraiment le cyclisme. Pour sa fondation, il a gagné une course à Austin, sa ville d'adoption. Il a confirmé son retour aux yeux du monde avec de bons résultats au Tour d'Espagne et au championnat du monde.

L'appropriation du Tour de France
La consécration est venue en 1999 avec le Tour, désormais devenu l'objectif principal du Texan. Les Carmichael, Ochowicz et les entraîneurs de Motorola l'avaient déjà pressenti, aussi tôt qu'en 1993, qu'Armstrong pourrait être un coureur d'impact de la Grande Boucle. Lors de la course de 1999, toute l'attention du monde cycliste s'est portée sur lui, car il dominait largement la course. Il a gagné avec plus de 7 minutes d'avance sur le Suisse Alex Zulle. Pour le cyclisme américain, c'était un retour au succès depuis la dernière victoire de Greg LeMond en 1990. À la fin du tour, la vitesse moyenne d'Armstrong s'établissait à 40,2 km/h, un record.

Il a répété son exploit en 2000 en battant son compétiteur naturel Jan Ullrich, le germanique et gagnant du Tour en 1997. L'écart avec son plus proche rival était de 6 minutes et 2 secondes. Avec cette victoire, il a fait taire les détracteurs qui rouspétaient que le Tour 99 a été gagné contre des demi-portions.

Il a continué à livrer de superbes performances de 2001 à 2004 avec des écarts se réduisant jusqu'à un mince 1 minute 1 seconde. Lors d'une étape du Tour 2003, Armstrong a crashé à deux reprises. Il est remonté coup sur coup sur son vélo. Dès qu'il a rejoint Ullrich et les autres concurrents du peloton des leaders, il a déclenché une formidable attaque qui l'a mené à la victoire et qui a démontré sa volonté sans pareil. Avec une telle attitude, il est devenu en 2004 le premier sextuple champion de la Grande Boucle avec une victoire décisive de plus de 6 minutes d'avance sur son plus proche rival. Comme Dali et ses montres fondantes, Armstrong est un surréaliste.

Les forces d'Armstrong
À son retour en 1999, il a entièrement mis l'accent sur le Tour de France. Les entraînements et les courses préparatoires d'Armstrong sont axés sur ce Tour. En 2004, il s'y est préparé avec de multiples voyages en France afin de se familiariser avec les diverses étapes et d'établir les stratégies appropriées. Armstrong a roulé au moins une fois sur toutes les étapes en ne négligeant pas de faire la montée de l'Alpe d'Huez (la plus éprouvante étape) à quatre reprises en l'espace de cinq journées. De la démesure !

Il ne faut pas négliger sa condition physique pour expliquer ses succès. Edward Coyle, superviseur du laboratoire sur les performances humaines de l'université du Texas, estime que la fréquence génétique d'avoir un seuil de tolérance à la fatigue équivalent à celui d'Armstrong est d'un millionième. Il évalue aussi qu'Armstrong génère quatre fois moins d'acide lactique que la moyenne des cyclistes d'élites. Abasourdissant !

Il serait possible de décliner de nombreuses raisons expliquant le phénomène Armstrong. Chris Carmichael l'explique plutôt par son instinct de prédateur. Lance est connu pour faire des attaques très agressives en montée afin de supplanter ses adversaires. Quand il déclenche une attaque explosive, l'effet de surprise peut s'avérer dévastateur.

Sa cadence très élevée à 120 révolutions par minute sur le plat le distingue aussi des autres compétiteurs. La différence est nette durant les montées. L'avantage de son style lui a permis de réagir rapidement aux attaques et d'amorcer des accélérations brusques que peu peuvent égaler.

Dans l'adversité, Armstrong triomphe
Peu d'athlètes peuvent revendiquer avoir franchi avec succès des obstacles de la magnitude de ceux qui ont terrassé le parcours de Lance Armstrong. Ses performances triomphales reposent sur sa grande force de caractère à espérer toujours faire mieux et à ne pas limiter ses rêves même dans la plus grande adversité. Jamais le fameux cliché sportif, « le sport m'a permis d'apprendre beaucoup de choses qui me seront utiles dans la vie », s'est collé à la réalité d'un athlète.

En avril 2005, le roi du Tour a annoncé qu'après celui de 2005, il tirera sa révérence. Son héritage sportif et humain est immense. On est en droit de se demander s'il faut renommer le Tour de France en Tour de Lance, car il s'est donné principalement pour le Tour tout en l'incarnant. Pourtant, sa véritable course aura été celle de la vie contre le cancer.


Réalisations

Tour de France
- 11 participations.
- 7 victoires consécutives de 1999 à 2005.
- 24 victoires d'étapes.
- Maillot jaune pendant 83 jours.

Autres victoires importantes
- Clasica San Sebastian : 1995.
- Dauphiné Libéré : 2 fois; 2002 et 2003.
- Flèche Wallonne : 1996.
- Tour DuPont : 2 fois; 1995 et 1996.

Autres faits marquants
- Athlète de l'année selon Sports Illustrated : 2002.
- Athlète masculin de l'année selon Associated Press : 3 fois; 2002 à 2004.
- Meilleur athlète masculin selon ESPN : 2 fois; 2003 et 2004.



Faits de cyclisme

Équipes
- Équipe nationale américaine : 1991 et 1992.
- Subaru-Montgomery : 1991.
- Motorola : 1992 à 1996.
- Cofidis : 1997.
- US Postal Service : 1998 à 2004.
- Discovery Channel : 2005.

Record pour la vitesse moyenne lors d'un Tour de France (2005) : 41,65 km/h.

Condition physique
- Rythme cardiaque au repos : 32-34 battements par minute.
- Rythme cardiaque durant un contre-la-montre : 188-192 battements par minute.

Journée d'entraînement
- 5 à 6 heures pour un total de 167 à 216 km.

Excellents liens

Lance Armstrong
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- Fiche

Tour de France
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