Les athlètes unis
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27 janvier 2008

S’évader sur le mont Fuji
Thomas Kieller
Photos 2 et 3 - copyright United Athletes

Le fameux mont Fuji, un stratovolcan. J’étais de passage au pays du soleil levant afin de m’imprégner de tout ce qui a de plus enivrant de la culture japonaise. J’ai été servi. En goûtant à l’urbanisation de Tokyo, d’Osaka et de Kyoto, j’ai ressenti ce que des millions de « workmen » et « salarymen » vivent à chaque jour. La capitale japonaise m’a ébahi avec ses mouvements de masses humaines. Impossible de rester sans mots en traversant le quartier de Ginza dont l’animation est remarquable. Au Sud, l’architecture typique et la fameuse tradition nipponne de Kyoto ne peuvent que fasciner le voyageur, tandis que les avenues éclairées et l’agitation nocturne d’Osaka ont de quoi saisir le passant. Après un mois de visites ininterrompues, j’ai décidé de m’évader un peu des trépidations des métropoles malgré tout le respect et l’accueil des Japonais. Eh bien oui, ils ne sont que 128 000 000 au pays ! J’ai donc pris la direction de Kawaguchiko, une petite localité tout près du mont Fuji qui est le point culminant du Japon. Un endroit où l’on peut savourer les plaisirs de la nature.

J’ai débuté mon excursion de l’hôtel, à quelques kilomètres de la base de la montagne. Puis, j’ai parcouru le village au décor bien japonais. Longeant la route aux abords du lac Kawaguchi, je regardais les diverses montagnes en arrière plan dont Kenashiyama, Kurodake et Misakayama. Passant à côté de rizières d’un vert éclatant, je poursuivais mon chemin vers le Fujisan.

Je savais que pour arriver au sommet du mont Fuji qui culmine à 3 776 mètres, je devais faire une randonnée de tout près de 25 kilomètres. Un plaisir assuré ! Il n’y a rien de tel que de débuter l’ascension à la base d’une montagne. Une sensation m’a envahi au fur et à mesure que la montagne se dessinait. Lorsque j’ai vu le mont Fuji se dresser devant moi et que je savais que dans une dizaine d’heures je serais au sommet, une légère euphorie m’a transpercé. Fini le préambule, c’était maintenant le temps de monter !

Une ascension plaisante en forêt. J’ai choisi le sentier Yoshidaguchi, car c’est le trajet traditionnel qu’empruntaient les pèlerins pour monter la montagne. Puis-je vous dire qu’il n’y a pas de foule sur ce chemin ? Si vous faites l’ascension en solitaire, vous allez probablement marcher pendant quatre heures sans voir une âme qui vive. Entre la paix intérieure d’une balade en forêt et la sensation que les muscles des jambes travaillent, il y a de quoi raviver quelqu’un.

La vigueur et la détermination du grimpeur, ce sont les clés pour une ascension réussie. Dans cet exercice exigeant, le randonneur cherche ce qu’il y a de mieux en lui. Il trouve, entre autres, le plaisir de se dépenser physiquement dans une marche hilarante vers les hauteurs. Pour moi, il n'y a rien de mieux.

Un ciel bleu m’accueillait lorsque j’ai sorti de la forêt. Eh bien oui, le soleil tapait fort en ce 24 juillet 2007. Après une légère halte dans une hutte où le tenancier m’a servi un repas nourrissant, je poursuivais la montée. L’esprit de camaraderie a pris place avec les divers trekkeurs venus monter la montagne. En effet, à la cinquième station qui est à 2 300 mètres d’altitude, la majorité des grimpeurs arrivent par autobus. Un transport convivial fait la navette quotidiennement de cette station au village.

Comme c’est souvent le cas au Japon, une nouvelle marée d’hommes et de femmes s’est formée, mais cette fois-ci sur le flanc d’un volcan. Semble-t-il que l’on ne peut pas y échapper ! Toutefois, c’est une attitude de solidarité qui flottait dans l’air. Les gens ont échangé des anecdotes et des commentaires teintés par la joie d’une ascension en montagne.

Rendu à 3 300 mètres, j’ai décidé de faire une nouvelle halte pour me reposer un peu et aussi pour terminer l’ascension la nuit. À 3h du matin, j’ai repris le chemin à la lumière d’une lampe frontale. J’enjambais les nombreuses grosses pierres volcaniques qui jonchent le mont Fuji. Dans la pénombre, les quatre derniers cent mètres sont saisissants. Les dizaines de rayons de lumière provenant des lampes balayaient la noirceur.

À la dernière station, tous les grimpeurs ont pris une pause et ont attendu patiemment le lever du soleil. L’air froid me remplissait les poumons, mais le plaisir de l’ascension m’a comblé davantage.

Le lever du soleil tout en haut du mont Fuji.

Quand le soleil a émergé au-loin et au-dessus des nuages, une nouvelle joie m’a envahi comme pour les autres randonneurs présents. Les doux rayons du soleil sont venus aussitôt nous réchauffer. C’est dans cette chaleur agréable que j’ai redescendu dans le sentier couvert de cendres. Maintenant, c’est à vous de vivre tout cela si le cœur vous en dit !