30 janvier 2004 - Pour une modique somme de 15 réaux (6 $ US), je me suis permis d'assister à un match de top niveau. Coritiba (5e au championnat du Brésil 2003) affrontait Prudentopolis dans le cadre du championnat de l'État du Parana.
Arrivé dans les gradins du stade Couto Pereira, une belle surprise attend le visiteur qui y cherche sa place désignée. Un gigantesque escalier bétonné se présente au spectateur. Chaque marche représente une série de place. Dans la section grand public, il n'y a pas de sièges. Oups !
Cela ne m'a guère arrêté. J'ai déjà vu plus d'un match de foot. J'ai lu sur mon billet plastifié l'endroit où je devrais m'asseoir - Anneau 02, rangé E, chaise 15. Et je savais pertinemment que je ne m'assoirai pas à cet endroit. Celui qui prend place à l'endroit assigné est peut être le seul à le faire. C'est tout vous dire.
J'ai pris place sur l'un des bancs bétonnés qui me donnait une excellente vision du jeu et qui me mettait au beau milieu de l'action et de la frénésie des partisans de Coritiba. Voilà le charme.
Sans attendre, j'ai demandé à un vendeur un cornet de morceaux de noix de coco grillé et saupoudré d'un produit inconnu. J'ose affirmer que c'est du sucre brun. Qu'est-ce que j'en sais, je ne suis guère un connaisseur brésilien. Une chose est sûre, j'aurais bien voulu partager avec vous mes morceaux de noix de coco, car j'en avais bien trop. Les vendeurs offrent un éventail de produits locaux : les churros avec leur onctueux caramel chaud, les bières de la région, et bien entendu la fameuse et rafraîchissante boisson gazeuse à saveur de guarana. De quoi se mettre dans la partie.
Le foot se joue idéalement sur un terrain plutôt sec. Ironiquement, cette soirée-là un orage s'est abattu sur le stade. Pendant une trentaine de minutes, les joueurs ont pris une bonne douche. Toutefois, ils se sont défoncés sur le terrain boueux en véritable professionnel.
Les joueurs de Coritiba ont rapidement imposé un tempo rapide en y allant avec une pression intense. Plus organisés et surtout plus athlétiques, ils ont attaqué à plusieurs reprises le flanc droit de la défensive de Prudentopolis. Surclassés dans leur zone de réparation, les visiteurs ont consenti un penalty à la 12e minute. Roberto Brum, le capitaine, a touché le fond du filet avec un boulet de canon. 1-0 pour Coritiba. Réaction hystérique dans les gradins. Les partisans ont crié et dansé sous les roulements de tambour. Mais encore, des supporters enjoués nous ont offert une séance improvisée de pyrotechnie.
Pendant tout le match, les chants, les danses et les buts se sont enchaînés normalement. Au bout du compte, Coritiba a remporté le match haut la main malgré un score serré de 2 à 1.
La pluie a peut-être quelque peu refroidi l'entrain des principaux concernés. Toutefois, les joueurs de part et d'autres ont tout donné. Les fans se sont époumonés à crier et à chanter pour leur équipe. Même sous des conditions moins favorables, les Brésiliens et les Brésiliennes ont du plaisir. Maintenant imaginez lorsque la journée est ensoleillée et que deux équipes de haut niveau croisent le fer. Le stade est plein. Le jeu est endiablé. L'excitation est à son comble. C'est de la pure frénésie. Un match de foot brésilien ça vaut le détour.